Essai d’étymologie de différents toponymes traditionnels dans le village du Moulinet... par Michel Pallanca

La Municipalité, qui avait pour projet de renouveler les plaques des numéros d’immeubles et des noms de rues du Moulinet, a profité de cette opération pour adopter une signalétique bilingue[1]. Ce terme obscur désigne simplement le fait d’afficher en deux langues les panneaux de signalisation de la commune et d’installer de nouvelles plaques portant la dénomination officielle des rues, accompagnée de la toponymie locale. De nombreuses communes de France et de notre région ont depuis longtemps mis en œuvre cette signalétique bilingue ; chacun de nous connaît l’exemple du Vieux Nice où les noms de rues niçois originaux ont été sauvés de l’oubli qui les menaçait. L’objectif d’une telle opération est de mettre à l’honneur et de rendre sa dignité à la langue originelle de notre village, le parler moulinois, qui n’est autre qu’une des variantes de la langue d’oc, ou occitan.

La francisation – pour ne pas dire le massacre – des noms de lieux de la moitié Sud de la France, c'est-à-dire de la moitié occitanophone du pays, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les quelques gouttes qui suivent parleront essentiellement de leur quasi disparition dans la toponymie urbaine du village et de la tentative de réhabilitation qui est faite aujourd’hui.

Dans la droite ligne du Rapport de l’Abbé Grégoire à la Convention en 1794 concernant « l’éradication des patois », les Municipalités des Alpes-Maritimes, dans le sillage de l’Annexion du Comté de Nice en 1860, ont en effet participé à une francisation à marche forcée. Il s’agissait alors d’imposer par tous les moyens la langue française à la population, notamment en gallicisant des noms occitans et en greffant, sur les toponymes traditionnels des espaces aussi bien urbains que ruraux, des noms et des termes emblématique de la Nation nouvelle.

Ainsi, à la fin du XIXème siècle, la IIIème République qui voulait conforter cette Annexion et fortifier la frontière créée par la constitution de la nouvelle puissance qu’était désormais le Royaume d’Italie, militarise le Département des Alpes-Maritimes. Des routes stratégiques s’ouvrent alors sur les crêtes de notre haute Bévéra et des forts sont construits face à celle qu’on appellera – un peu plus tard – « la sœur latine »… Cette forte activité militaire mobilise des effectifs très nombreux dont les officiers et sous-officiers sont logés chez l’habitant. L’armée étant une administration rationnelle, elle doit pouvoir rédiger précisément ces billets de logement, savoir toujours qui est où, acheminer ses courriers de façon précise et sûre. En 1882, une route départementale arrive enfin au Moulinet, un bureau de poste s’ouvre… Désormais, il n’est plus envisageable de situer approximativement les habitants, comme sur les registres du premier cadastre français en 1863 : Untel, « au village » ! L’État doit localiser ses citoyens, adresser leur feuille de route aux conscrits, leur avis d’imposition aux contribuables et, le cas échéant, savoir où envoyer ses gendarmes…

Conformément à la loi et à la demande insistante du préfet, le Conseil Municipal moulinois du 18 mai 1890, adopte une « mesure d’ordre » : la nouvelle et inédite dénomination des rues. Cette dernière n’a que peu de rapport avec la toponymie traditionnelle du village et fait la part belle à l’idéologie républicaine, ainsi qu’à divers noms francisés des quartiers de la commune. C’est pourquoi – la doxa officielle étant toujours à « l’éradication des patois » –  les dénominations traditionnelles des espaces du village s’effacent peu à peu, jusqu’à leur quasi disparition aujourd’hui. Une part de cette mémoire est d’ores et déjà perdue.

Il était donc urgent de redessiner la carte du Moulinet en lui rendant la voix des ancêtres et de restaurer leur représentation de l’espace urbain.

La vision rationnelle, cartésienne de l’État s’est en effet imposée à une toponymie de tradition orale, aux contours plus flous, plus subjectifs, plus mouvants. Les anciens ne dénommaient que rarement les rues en tant que telles, mais plutôt les îlots, les quartiers. Si l’on disait bien Carriera Longa, Carriera Sant Jóusè, ou encore Correour dal Làgnou, ou dal Guìgnou, on parlait aussi du Lìmbou, du Serraour, du Castel, ces derniers désignés comme des pâtés de maisons et non comme des rues à proprement parler.

Ces noms originaux figurent désormais aux côtés de la dénomination officielle des rues du village. Par ailleurs, nombre de toponymes oubliés par la désignation officielle – et même par la mémoire de la plupart Moulinois ­– sont réintroduits dans la nouvelle signalétique.

Avant d’entrer dans l’analyse de cette toponymie, quelques précisions sont nécessaires quant au dialecte moulinois et aux choix qui ont guidé cette enquête.

Le moulinois est une variante locale de la langue d’oc ou occitan. Il s’apparente aux parlers de la montagne niçoise couramment nommés « gavot » et que les linguistes reconnaissent comme l’occitan alpin ou le vivaro-alpin. Il s’agit au Moulinet d’un occitan proche du provençal, ayant conservé nombre de caractères et d’archaïsmes de la langue ancienne, voire de celle du XVIIème siècle.[2]

Quelques  particularités phonétiques particulières sont à remarquer.

Lorsqu’une syllabe comporte le son [i], ce dernier « mouille » la syllabe suivante. Par exemple, Tina sera prononcé [tinia] ; Martinet se dit [martiniet] ; Roumbina se dit [roumbinia], Moulinenc se dit [moulinienc], etc.[3]

Le « L » de l’article défini, lou, la, li/lis, ne se prononce pas. Lou Moulinet est ainsi prononcé [ou mouliniet], Lou Limbou se dit [ou limbou], La Piaça se dit [a piaça], Lis Escanabieras de dit [is escanabieras], etc. Phonétiquement, cet article peut prend au pluriel des formes différentes selon les locuteurs, notamment Le ou Les. Toutes ces variantes sont en fait les avatars de l’ancienne forme panoccitane las / lous

Autre marque de l’évolution phonétique de la langue, l’hésitation du parler moulinois entre un R dur un L plus doux dans la réalisation des contractions de la préposition AL / AR (à lou) et de l’article défini contracté DAL / DAR ( de lou). Cette hésitation est le témoin de l’influence du parler sospellois, dont le R dur est typique, sur la forme originelle médiévale en L. Toujours selon les locuteurs, une forme ou l’autre domine, sana pour autant être exclusive. Souvent, la réalisation mélange les deux sonorités, comme dans les parlers ligures ou mentonnais. Notons que le niçois côtier a résolu la question par l’adoucissement en diftongue de ces mots :  AU et DAU / DÓU.

Tous les traits phonologiques très particuliers du parler moulinois ne sont pas retranscrits orthographiquement dans le texte, afin de faciliter la lecture et la compréhension des occitanophones non Moulinois ! Par ailleurs et dans le même souci, les termes occitans sont retranscrits dans cet article en graphie dite mistralienne, proche de celle du français.

L’étude présente ci-dessous et par ordre alphabétique les toponymes faisant l’objet de cette nouvelle signalétique bilingue. Deux tableaux les recensent ensuite, en donnant une transcription dans les deux principales graphies de l’occitan, avec une traduction littérale en français. 

Par convention, les différentes typographies et les symboles suivants désignent :

  • Les toponymes en moulinois
  • La dénomination officielle actuelle
  • [une transcription phonologique en français]
  • Un terme moulinois dans le corps du texte
  • Une citation des délibérations du Conseil Municipal de 1890[4]
  • (n° 69) : Les numéros de parcelles du plan cadastral de 1863

Par exemple : Toupounìmou ;  (traduction littérale en français) ; [prononciation moulinoise] ; dénomination actuelle ; (numéro de parcelle) ; dénomination prévue en 1890.

Balouar Bourilhoun  [Bourilloun] et Lou Pian d’a Crota : Boulevard Borriglione (et Plaine de la Voûte) : Alfred Borriglione, 1841 – 1902, fut Conseiller Général du canton de Sospel, Maire de Nice, Député et Sénateur des Alpes-Maritimes… Une variété de cerises est toujours connue au Moulinet sous le nom de Bourilhouna ! Selon la tradition orale, elle y aurait été introduite par la générosité agreste du Sénateur.

Après l’arrivée de la route carrossable au Moulinet en 1882 et avant l’ouverture de ce boulevard en juillet 1907, le quartier qu’il traverse s’appelait – et s’appelle toujours - Lou Pian d’a Crota, c’est à dire le Plan, ou la Plaine de la Voûte. Les toponymes désignant un endroit plat sont nombreux dans notre Comté montagneux, car ces espaces sont précieux ! Ils sont formés sur le radical Plan, prononcé Pian au Moulinet. On connaît par exemple La Plana à Nice, Lou Pianas, Lis Espians, Lou Pian d’a Guièisa (La Plaine de l’Eglise), au Moulinet.

Ce Pian d’a Crota se distingue des autres Pians car c’est là qu’est construite La Crota, c'est-à-dire La Voûte (voir ce toponyme plus bas).

Lou Bear soubran (Le ruisseau – ou le canal – d’en haut) : Dans le dialecte moulinois contemporain, le sens de bear a dérivé et désigne un ruisseau naturel. Bear a cependant gardé ici son sens originel de canal, de bief. Le canal coulait à ciel ouvert (d’où peut-être la confusion sémantique avec le ruisseau), après avoir traversé les îlots de la Tina et du Castel sous des passages voûtés.

La forme habituelle du mot bear est en langue d’oc beal. La prononciation moulinoise se situe en fait entre ce standard de beal, que l’on retrouve par exemple en Vésubie, et bear avec un « r » dur, rhotacisme typique du Sospellois.

Le quartier du Bear soubran s’articule autour d’une fontaine, La Fouònt dal Bear, de part et d’autre d’une portion de Carriera Longa (voir tous ces toponymes plus bas).

Lou Bear soutran (Le ruisseau – ou le canal – d’en bas) : Ce quartier se trouve naturellement en contrebas du précédent ! Le Bear s’écoule donc dans une rue que le Conseil Municipal de 1890 voulait nommer « Descente du Moulin », en raison de la présence d’un moulin communal sur cette ligne d’eau. En aval de cet ancien moulin, le canal arrivait à la jonction de Carriera d’a Guièisa et filait vers la Gouòrga. C’est cette patte d’oie, le Bear soutran donc, que le même Conseil Municipal de 1890, dans un grand élan de patriotisme francophile, voulait nommer « Place de l’Annexion ». Dans le même esprit, l’actuelle Rue de Gubert aurait dû se nommer « Rue du Centenaire, ainsi dénommée pour perpétuer le souvenir de la fête qui a été célébrée en 1889 en commémoration de la grande Révolution française ». Trente ans seulement après le traité du 24 mars 1860, et moins de cent ans après le funeste et sanglant épisode de l’invasion française de 1792 – 1815, cela en dit long sur l’efficacité de la « communication » officielle de l’époque !

La Biliera (Le Canal, par déformation de l’étymon beal / bear, qui passe ici au féminin) : Le quartier tire son nom du principal canal alimentant le village, et qui prend son eau dans la Bévéra, un peu moins d’un kilomètre en amont. C’était, à la sortie Nord du Moulinet, un haut lieu de sociabilité. C’est là que les femmes lavaient et séchaient les grains après les moissons. C’est là aussi qu’elles se retrouvaient autour d’un lavoir aménagé sur le cours du canal.

Lou Bouòsc / Rue Malbosquet : C’est le quartier du Bois… sans qu’on sache expliquer pourquoi exactement !

Camin de Biancart  / Rue de Biancart : C’est le chemin menant au quartier Biancart, quelques terrasses bordant le vallon de Pèira-Cava, en contrebas des Faissouòlas et du chemin de Sospel. Un rocher, posé par les crues au milieu du ruisseau, se nomme La Roca de Biancart. Il n’est pas certain que Rue de Biancart soit le toponyme traditionnel.

Biancart (Blancard) était sans doute à l’origine le patronyme du propriétaire de ce terrain. Le radical blanc, prononcé bianc, désigne la couleur blanche…

Camin de Cabrier / Chemin de Cabrier : Après avoir traversé les potagers du Truèlh, ce chemin conduit – entre autres – au quartier Cabrier. Le mot peut désigner tant le chevrier que le terrain occupé par un troupeau de chèvres, ou bien encore le troupeau lui-même, comme c’est le cas de la Cabràia de Sospel. Avant de traverser le vallon de Pèira-Cava, ce chemin dessert une source abondante, protégée par deux voûtes aménagées en lavoirs. Avant l’implantation de fontaines publiques dans le village, c’est cette source qui alimentait la population en eau potable. (voir La Fouònt dal Bear). Le quartier se nomme bien entendu La Fouònt, substantif désignant aussi bien une source qu’une fontaine.

En 1890, la Municipalité prévoyait de nommer ce chemin « Rue du Lavoir […] ainsi dénommée à cause de sa direction vers le lavoir public ». Il n’est pas certain que Camin de Cabrier soit le toponyme traditionnel.

Camin de Mouravi ou Camin de Souspel / Chemin de Mouravi : C’est, jusqu’en 1882, l’accès principal au Moulinet depuis la vallée de la Bévéra et Sospel. Il donne accès – entre autres – au quartier Mouravi, qui tient probablement lui-même son nom de mouras ou amouras, les mûres. Le Conseil de 1890 se proposait de nommer ce tronçon de « l’ancien chemin de Sospel, depuis le moulin de Truchi Honoré jusqu’au pont de la Robine : chemin de la Robine ».

Camin dal Castelet / Chemin du Châtelet : Les toponymes formés sur le radical de castel (château) sont nombreux et ne désignent que rarement une fortification ! Par assimilation et sur toute l’étendue de la commune, ils nomment des éminences, des promontoires rocheux comme Lou Castel d’a Madona, de Guilhermes ou de Sant MartinLou Castelet forme un petit promontoire dominant le village au Nord-Est.

Carriera d’a Guièisa : / Rue de l’Église. Ce toponyme, qui parle de lui-même, a le mérite d’illustrer un bel exemple linguistique de iotacisme, le passage du L au I ; la Glèisa devenant au Moulinet la Guièisa, de même que Lou Plan devient Lou Pian.

Carriera Longa / Rue de la République : Comme son nom l’indique, c’est la rue la plus longue du village. Elle le traverse d’Ouest en Est, menant soit vers les alpages de l’Authion, soit vers Lucéram par le Col de l’Orme (ou Sospel par le vallon du Guiéu).

Carriera Sant Jóusè / Rue Carnot : (Rue Saint Joseph). Cette rue descend dans l’axe exact de l’ancienne chapelle Saint Joseph, aujourd’hui disparue, qui se situait à l’emplacement actuel de la Mairie. Lors de l’aménagement de la Place St Joseph et de l’édification du nouvel Hôtel de Ville, la chapelle a été rasée puis reconstruite à son emplacement actuel, à l’Ouest de la place.

La dénomination de Rue Carnot est due au Conseil Municipal de 1890, qui voulait « rendre hommage au grand-père de M. le Président de la République [Sadi Carnot], l’organisateur de la Victoire ».

…Lazare Carnot, 1753-1823, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fut Conventionnel et membre du Comité de Salut Public. Il porte une lourde responsabilité dans les épouvantables massacres commis en France, dans une Vendée transformée en « grand cimetière national », par les « colonnes infernales »… Quelle exaltation assimilatrice frappait donc le Conseil Municipal, alors que la tradition orale véhiculait encore le souvenir des combats sanglants de 1793, celui des Barbets, et l’effroi suscité dans les populations par les « colonnes mobiles » du général Berthier ?

Lou Casar (La maison ; l’emprise, le soubassement de la maison) : Lou Casar, avec Lou Lìmbou et Lou Serraour (voir infra), sont trois îlots contigus, situés à la bordure Nord-Ouest du village. Le terme de Casar désigne en moulinois contemporain la partie d’une grange construite en pierre sèche, par opposition à la charpente de bois.

Le toponyme désigne ici un espace non bâti qui se situait derrière la chapelle Saint Roch, une placette aujourd’hui disparue avec la destruction du quartier du même nom (voir infra). Lou Casar peut renvoyer à un ancien édifice ou une ruine sur laquelle aurait été aménagée cette placette.

Le compte-rendu du Conseil Municipal de 1890 balançait, d’une ligne à l’autre, entre Place du Sambuc (le sureau) et Place du Sambughet (toponyme moulinois formé sur sambuc) ! Un plan du village[5] note quant à lui « Placette Saint Roch ».  

Lou Castel / Rue du Château : Bien qu’il n’y ait jamais eu de château au Moulinet, il faut associer le nom de ce quartier à un phénomène nommé incastellamento dans l’Italie médiévale, et qui tendit à une forte concentration urbaine, au détriment d’un l’habitat plus dispersé. Ainsi, entre le XIIIème et le XVIème siècle, les populations disséminées plus au Sud du village actuel, entre Còdolis et La Menour, se regroupèrent sur le site du Moulinet, abandonnant peu à peu les anciennes implantations.[6] A peu près à mi-parcours de la rue se situe la Piaceta dal Castel (La Placette du Château).

La Celleta (La – petite – Cave à fromage) : le mot latin cella (garde-manger, cellier) s’est conservé à l’identique en langue d’oc. Il est ici utilisé avec un suffixe diminutif. Le territoire de la commune est parsemé de cellas voûtées. Le mot cabana est un synonyme que l’on retrouve dans le toponyme Cabanas Vièlhas, sur l’alpage de l’Authion.

La Coundamina [A Coundamìnia] / Boulevard René Coty : Ce toponyme de Condamine, extrêmement répandu, désigne de bonnes terres, autrefois seigneuriales, ou ayant dépendu d’une autorité féodale, ou encore des terres franches de toutes redevances.

  • Coupiera (La Tuilerie) : Deux mots désignent la tuile en occitan, lou coup et lou tèule. Un lieu dit Coupiera se trouve en général sur un terrain argileux et comportait un four. Le quartier du Fournas, par ailleurs, devait son nom à un four à chaux.

Courreour dal Guìgnou (Passage du « coup d’œil ») : Courreour ; littéralement corridor, ou couloir. Le mot désigne un passage étroit, une petite rue.

Lou Guìgnou (n° 65) est le nom d’une des bâtisses bordant La Piaceta au Sud-Ouest. Un passage étroit, lou Courreour dal Guìgnou, se faufile à son pied et, passant sous les maisons « entre l’Hôtel Torrelli  et la maison des h éritiers de Revelli Mathieu », va rejoindre le chemin de Sospel.

Le verbe guignar signifie guetter, lorgner, cligner. Il apparaît que la maison du Guìgnou, et ce petit raccourci discret, sont un poste d’observation idéal pour surveiller qui arrive et qui part du Moulinet… Ce passage qui ne porte pas de dénomination officielle était cependant annoncé en 1890 comme le futur « Passage du Coin ».

Courreour dal làgnou / Rue de la Cime : Lou làgnou c’est la plainte ; celle que devaient exprimer ceux qui gravissaient autrefois ce qui n’était qu’une sorte de ravine escarpée, boueuse ou desséchée selon les saisons…

Courreour d’a Passereta ou bien dal Fourn, ou encore dal Truèlh / Rue Vieille : C’est une ruelle étroite, sinueuse, partiellement couverte et obscure... La tradition orale garde le souvenir d’une de ses habitantes mémorable, surnommée La Passereta, terme qu’on pourrait traduire par L’Oiselette !

On trouve ici un bel exemple des fluctuations de la toponymie traditionnelle, en fonction des générations, des événements et de toutes sortes d’éléments prosaïques. Lou Courreour d’a Passereta, montant des potagers du quartier du Truèlh (Voir ce toponyme) et débouchant dans le village, non loin de l’ancien four communal (Lou Fourn, (n° ?) détruit avec le quartier Sant Roc), connaît diverses appellations. Il s’est tout autant appelé Courreour dal Truèlh ou Courreour dal Forn, avant que la personnalité réputée maléfique de La Passereta ne s’impose à la vox populi...

Le Conseil Municipal de 1890, dans un grand lyrisme funèbre, proposait de  nommer ce sombre courreour « Rue des Catacombes » !

Courreour d’a Vòuta (Rue de la Voûte) : Cette rue est partiellement couverte d’une voûte…mais en 1890, c’est la parallèle inférieure qui devait se nommer Rue des Voûtes, car à cette époque elle était couverte sur les trois quarts de sa longueur. L’arasement des « maisons cassées » après la seconde guerre a mis fin à cette particularité. Quant à l’actuelle Rue de la Voûte, elle aurait dû être la Rue de Cabanes Vieilles…

La Crota (Place de la liberté) : Ce quartier, contigu à celui du Pian d’a Crota, tire son nom d’un bâtiment particulier, La Crota, qui signifie La Voûte (n° ?). Il s’agit d’une vaste grange servant autrefois tant au remisage du foin qu’au séchage du chanvre et du lin. Elle est bâtie en pierre sur deux niveaux, au dessus d’une longue écurie voûtée - la plus vaste du village - puisqu’elle mesure environ 18,5m par 7,5m. La bâtisse était autrefois d’autant plus imposante qu’elle était isolée du village et entourée de prés. À l’arrière de La Crota, un quartier regroupant quelques petites parcelles se nomme Gràniga, Grange…

L’Escala dal Mèrlou (L’Escalier de Merlou) : Cet escalier sombre et tortueux relie Carriera Longa et la Piaceta dal Castel en passant sous les habitations. Il débouche en amont au niveau de l’ancienne demeure de la famille « Mèrlou »[7].

Escala dóu Sant (L’Escalier de Sant) : Ce toponyme de création récente désigne le raccourci créé par Ange Truchi dit Sant, Conseiller Municipal, reliant la Plaça Sant Jóusè et le Camin de Souspel.

L’Escala Nuècha (L’escalier sombre) : La nuèch, c’est la nuit. Cet escalier, passant sous les maisons relie la Carriera d’a Guièisa au Camin de Gubert. Comme L’Escala dal Mèrlou, ce passage crée un raccourci vertical entre les rues principales horizontales.

Lis Escanabieras (Les Canebières) : Il existe plusieurs Escanabieras au Moulinet – comme il en existe partout ailleurs. La culture du chanvre demande des terrains fertiles et bien irrigués. La culture du lin, quant à elle, a donné de nombreuses Linieras.

Depuis le moyen âge et jusqu’à la fin du XIXème siècle, les communautés villageoises ont accordé une grande importance à ces cultures, indispensables à la fabrication locale de cordages, de fils et de tissus.

Lou Faissé [Ou Faïssé] (Parc Faïceto ; par italianisation) : La faissa désigne au départ une forme allongée, une bande de tissu notamment. Par extension, le mot désigne aussi une terrasse de culture, dont la forme allongée est caractéristique de l’aménagement de nos versants montagneux. Un Faissé désigne donc un terrain aménagé en terrasses et dénote ainsi une période d’extension des cultures. Il existe plusieurs Faissé au Moulinet.

Li Faissouòlas : Diminutif de la même faissa ; il s’agit de terrasses étroites s’étirant entre le chemin de Sospel et la Place Saint Joseph.

La Fouònt dal Bear : (La Fontaine du Bear) Cette fontaine publique, datée de 1886, est située au quartier du Bear soubran, sous les fenêtres de ce qui était alors la Mairie – Lou Munichìpiou (n° 438). Le cadastre de 1863 repère déjà une fontaine, sous une voûte contigüe et située à droite de la fontaine actuelle. A cette époque l’eau distribuée était celle du canal, théoriquement impropre à la consommation humaine.

L’implantation de fontaines d’eau « potable » dans le cœur des villages, à la fin du XIXème siècle, est la marque du développement économique et technique de l’époque et d’une volonté politique – et électorale – d’améliorer le quotidien des populations et notamment celui des femmes.

Ces fontaines distribuaient à proximité immédiate des habitations l’eau potable qu’il fallait auparavant aller chercher bien plus loin. En effet, il faut se souvenir qu’à ces époques toutes les eaux étaient biologiquement polluées par l’omniprésence des troupeaux sur tous les territoires ruraux. Seules quelques sources parvenaient alors à échapper à la contamination (voir à Camin de Cabrier).

Cette Fouònt dal Bear reçoit aujourd’hui encore l’eau de la source du PianLa Fouònt dal Pian – située à un bon kilomètre de la fontaine. Afin d’en préserver la pureté, cette eau chemine depuis le captage fermé de la source dans des tuyaux de fonte.

Or, pour que des tuyaux de fonte arrivent jusqu’au Moulinet, il aura fallu attendre 1860, l’Annexion du Comté de Nice à la France ; puis 1864, l’arrivée du chemin de fer à Nice ; enfin, le débouché de la route carrossable au village en 1882. A partir de cette date, les produits manufacturés français parviennent jusqu’au Moulinet et la Municipalité peu inaugurer la fontaine rénovée au standard hygiéniste de 1886 !

La montagne niçoise est alors un nouveau débouché, tant pour les aciéries du Nord-Est de la France que pour les produits céramiques de Salernes ou de la région marseillaise, dont les tomettes et malons rouges vernissés remplacent dès lors les dalles de pierres dans les foyers. Il en va ainsi pour toutes sortes de produits manufacturés.

On mesure l’importance des énormes investissements consentis par la France à cette époque pour le développement des infrastructures et de l’économie de notre région. Cette « pluie de napoléons » contribue à expliquer que les mouvements irrédentistes et indépendantistes ayant suivi l’annexion de 1860, puis la défaite de 1870, aient été rapidement jugulés.

La Gouòrga (ex Square Kennedy) : C’est la rigole, l’auge, la gouttière, la goulotte. Ce petit quartier, situé sur une ligne d’eau descendante du canal de La Biliera, désignait des parcelles de potagers (n° 628 à 630) qui se sont trouvées enclavées dans le village après la construction de l’Hôtel Paradisio (ex Hôtel Beau Séjour), à l’Ouest. Une dérivation de la biliera servait à leur irrigation.

Le plan cadastral de 1863 montre de longs bassins – dont se souvient aujourd’hui un petit lavoir – situés à l’Est des potagers de la Gouòrga et qui longent ce qui devait s’appeler en 1890 Impasse du Canal. Nous sommes bien, quelle que soit la langue, dans le champ sémantique de l’eau et de l’irrigation ! Ces bassins particuliers ont donné leur nom au quartier.

La Municipalité a racheté ces parcelles après la Seconde Guerre Mondiale. La tradition orale rapporte que la propriétaire d’un de ces potagers a pu acheter trois paquets de cigarettes avec l’argent de la vente… C’est aujourd’hui un jardin public qui porte le nom de Pierre Vezzaro, résistant sospellois tué sur la commune du Moulinet en 1944.[8]

Lou Lìmbou (n° 531) : Ce sont les Limbes, que la théologie catholique définit comme le séjour de ceux qui sont morts sans avoir commis de péché mortel – tels notamment les enfants morts en bas âge – mais que le baptême n’a pas libérés du péché originel. En moulinois, le sens du mot se rapproche plutôt de celui de purgatoire. On pense à l’ex-voto du Chuquet, daté de 1799, qui domine le village, et rend grâce « alle anime purganti », aux âmes du purgatoire.

Les anciennes écoles étaient situées au Lìmbou[9]. Une explication plus précise de l’origine du nom de cet îlot reste cependant dans les limbes de la toponymie…

Lou Martinet [Ou Martiniet]  (Rue du Martinet) (n°478): Autrement dit moulin à fer, un martinet est un marteau-pilon actionné par une roue hydraulique. C’est le premier élément d’une chaine d’installations utilisant l’eau du canal de la Biliera comme force motrice. (voir La Tina et Lou Moulin dal Mèrlou. 

Piaça Sant Jóusè (Place saint Joseph) : La place du village, aménagée sur une ancienne terre d’église vendue à cette occasion à la Municipalité, tire son nom de l’ancien quartier Saint Joseph, autour de la chapelle éponyme.

Les dimensions de cette place – si on les rapporte à celles de l’ancienne Piaceta (voir infra) – et qui en font une véritable place d’armes, sont à mettre en rapport avec la militarisation du secteur frontalier après 1860, et à l’omniprésence de l’armée et des Chasseurs Alpins (créés officiellement en 1888), jusqu’à la seconde guerre mondiale. De plus, la masse imposante du bâtiment de la Mairie-École, disproportionnée par rapport à l’architecture du village, marque symboliquement la prise de possession et l’implantation politique de la France et de la IIIème République sur le territoire de l’ancien Comté de Nice.

L’articulation de cette esplanade, de la route départementale et du Boulevard Borriglione, inscrit dans l’espace une période de formidable expansion économique, avec la construction d’une poste, de nombreux établissements hôteliers et de résidences de villégiature. Ici comme ailleurs, la Première Guerre Mondiale mettra un coup d’arrêt brutal à cette « Belle Époque ». (Voir à ce sujet La Fouònt dal Bear)

Piaça Sant Roc (Place Saint Roch) : Le quartier saint Roch, partiellement incendié et détruit en 1944, a été entièrement rasé par l’administration dite de « la Reconstruction ». Il était groupé autour d’une chapelle éponyme elle aussi détruite par la même occasion, dans un grand élan de modernité laïque et progressiste !

Saint Roch, de même que Saint Sébastien en aval de village, était censé protéger de l’arrivée des épidémies. Sant Roc veille donc logiquement au débouché – ou au départ – du chemin de Luceram et Pèira Cava. Les toponymes évoquant ces Saints protecteurs sont très fréquents aux abords des villages ; ils nous rappellent le « bon vieux temps » des épidémies de peste et de choléra...

La Piaceta (ex Placette Carnot ; Piaceta Joan-Pèire Belmon) : C’était au XIXème siècle la place du village, où venait déboucher le chemin de Sospel, avant l’ouverture de la route et l’aménagement de la Place St Joseph. On y trouvait l’auberge (bâtiment Ouest, « Hôtel Torrelli » en 1890), puis l’épicerie-bar toujours en activité. C’est sur la Piaceta que se déroulait la fête de Carnaval, sous une bâche tendue entre les maisons. La Piaceta porte désormais le nom d’un Moulinois illustre, Joan-Pèire Belmon, dich Bachàs[10].

Lou Pistoulaire (Le Rouissoir) : C’est un synonyme, un équivalent du quartier de La Rouacha dans le Vieux-Nice. Deux Pistolaires sont situés à une cinquantaine de mètres de distance du côté Nord de Carriera Longa, sur des dérivations de la voie d’eau de la Biliera. On y mettait le lin ou le chanvre à rouir, c’est-à-dire à tremper et fermenter, avant d’en écraser les tiges et d’en dégager les fibres à l’aide des bèrgoulas (macque, brisoir). Pistoulaire est formé sur le verbe pistar, écraser, le mot désigne donc précisément le lieu où l’on brise les tiges de lin ou de chanvre, ou la personne qui accomplit ce travail.

Lou Moulin dal Mèrlou (n° 493) : C’est le moulin appartenant à la famille Merlou (voir note n° 2). Il est situé sous Lou Martinet et La Tina, sur la même ligne d’eau.

Lou Moulin « de Truchi Honoré » (n° 6 ?) : Ce moulin est ainsi désigné en 1890. Il est situé juste en dessous et sur la même ligne d’eau que la Gouòrga.

Li Muselieras : Ce quartier s’étire tout près du village, le long du chemin de Pèira Cava, après Lou Serre, en rive droite du Valonas. Comme la campagne de Mazelier, située quant à elle à 45 minutes de marche, Muzelieras est formé sur le radical ancien de mazel (du latin macellum), désignant un abattoir, une boucherie. On peut donc expliquer ce toponyme par l’aménagement d’un lieu destiné à l’abattage des animaux, à l’extérieur du village, tout en restant dans sa proximité immédiate.

Le mot mazelier (prononcé aujourd’hui masselier en occitan) désigne lui clairement le boucher, qui fut le probable propriétaire du champ.

Prans, italianisé en Pratti du temps de l’administration savoyarde (tout comme Faïceto), désigne les prés. Le standard occitan de ce nom est Prat. La palatisation du « T »  en « N » est assez rare. On la retrouve toutefois ponctuellement en Tinée. Ce mot est prononcé [pra] au singulier. C’est le « S » du pluriel qui fait réapparaître le « N ».

Lou Ribas (Le Grand talus) : La riba veut dire le talus. L’adjonction du suffixe augmentatif « as » au radical riba, inverse le genre du nom.

La Roumbina [Roumbìnia] : (La ravine). C’est la partie étroite et encaissée du Vallon de Pèira Cava, juste en amont de son confluent avec la Bévéra. Le Chemin de Sospel le franchit sur le Pouònt d’a Roumbina. Les Moulinois ont longtemps gardé l’habitude de déverser leur rebut dans ce gouffre…

Rue Joseph Gaspérini : Joseph Gaspérini (1878 – 1915) fut Maire du Moulinet de 1904 à sa mort. Lieutenant d’artillerie, il fut tué par l’explosion d’un obus ennemi au Bois de Malancourt, dans la nuit du 14 au 15 mars 1915.

Cette extrémité Est de Carriera Longa, qui monte vers La Biliera, se nommait Rue de l’Authion, selon la délibération de 1890. En 1921 la Municipalité a voulu rendre hommage à son ancien Maire et l’a renommée Rue Joseph Gaspérini.

Sant Antoni (Saint Antoine) : C’est l’îlot bordant Carriera Longa, de part et d’autre de la chapelle éponyme des anciens Pénitents Noirs (n° ?).

Lou Serraour (La Scierie / Le Scieur) (n° 526): Ce petit espace non bâti se situe juste au dessus du Limbou au bout du parcours horizontal de la Biliera, avant que le canal ne plonge à la verticale vers les moulins surplombant le vallon de Pèira-Cava. Une activité de sciage de long a dû être installée à cet endroit à une époque qui n’est pas précisément définie et dont ne subsiste que la trace, transmise par le toponyme…

Lou Serre (La crête, le contrefort d’une montagne, du latin serrum) : Ce mot dérive donc du même étymon que l’espagnol sierra, la montagne. Lou Serre borde à l’Ouest le quartier Sant Roc, le long du Valonas, et constitue donc bien une crête.

Lou Sòtou (Le Passage voûté) : Il aurait dû être nommé Passage du Couloir en 1890. On retrouve dans ce mot l’étymologie de la sousta, la soucara (l’abri) et de souta (en dessous). Ce passage couvert correspond à la partie arrière du bâtiment de l’ancien Presbytère. Lors d’anciens remaniements du quartier, il a été couvert par l’extension et le rehaussement des maisons bordant la ruelle au Nord.

La Tina [La Tìnia] (Le Bassin) : Ce bassin tampon se situait entre Lou Martinet, en amont, (n° 478) et Lou Moulin dal Mèrlou, en aval, (n° 493) dont il assurait la régularité de fonctionnement. Il n’en subsiste qu’un petit vestige de la maçonnerie.

Lou Truèlh (Le Bassin) : Truèlh, comme tina ou pesquiera sont trois synonymes de bassin, ce dernier n’étant qu’un gallicisme. Le termes de truèlh est cependant tombé en désuétude et ne se retrouve que dans la langue ancienne ou des toponymes qui ont conservé sa trace, à défaut de sa signification. Le quartier du Truèlh est situé sous le village, le long du vallon de Pèira Cava. Un autre quartier du même nom est situé en contrebas de La Madona de La Menour.

Lou Valounas (le Grand Vallon) : Cette ravine marque, à l’extrémité Ouest des quartiers Sant Roc et du Serre, la limite entre le village et l’aire des potagers.

Les actuelles rues de Gubert, des Marronniers et de la Cascade posent problème. Tout d’abord, leur dénomination traditionnelle est perdue. De plus, au cours du temps, leurs noms ont subi des fluctuations étonnantes. En 1890, l’actuelle Rue de Gubert aurait dû se nommer Rue du Centenaire (voir supra). Gubert aurait alors désigné la parallèle qui est à présent la Rue des Marronniers ! Quant à l’actuelle Rue de la Cascade, elle devait porter le nom de Camp d’Argent.

Il existait bien un Camin de Gubert, chemin passant derrière La Crota et menant aux précieux potagers de Gubert, bordant la Bévéra en amont du village. L’origine de ce toponyme est à rapprocher du prénom suranné Guibert. La rue des Marroniers devrait son nom à un arbre aujourd’hui disparu.

On peut considérer que ces trois rues débouchaient dans la direction de l’ancien chemin du quartier de Gubert. La Cascade désignée serait donc bien celle que décrit la Bévéra au bas de ce quartier.

On peut donc opter pour les dénominations suivantes en moulinois : Camin de Gubert, Carriera dal Rai et Carriera dal Maronier.

La dénomination de Cascade reste quant à elle énigmatique…

Présentation de l’appellation officielle des rues, avec en regard les toponymes traditionnels correspondants, notés dans les deux graphies, mistralienne et occitane.

Français, dénomination officielle

Occitan - Langue d’oc, graphie mistralienne

Occitan - Langue d'oc, graphie occitane

Boulevard René Coty

Chemin de Cabrier

Chemin de Mouravi

Chemin du Vallonas

Boulevard Borriglione

Rue de Biancart

Rue de la Cascade

Rue Carnot

Rue de la Cime

Rue du Château

Rue de l’Eglise

Rue Joseph Gaspérini

Rue de Gubert

Rue Malbosquet

Rue du Martinet

Rue des Marronniers

Rue de la République

Rue Vieille

Rue de la voûte

Parc Faïcetto

Place de la Liberté

Place Saint Joseph

Place Saint Roch

La Placette  (Carnot)

Ex Square Kennedy  / Vezzaro

La Coundamina [Coundamìnia]

Camin de Cabrier 

Camin de Mouravi / de Souspel

Lou Valounas

Balouar Bourilhoun  / Lou Pian d’a Crota

Camin de Biancart

Carriera dal Rai

Carriera Sant Jóusè

Courreour dal làgnou

Lou Castel

Carriera d’a Guièisa

Carriera Longa / La Birriera 

Camin de Gubert

Lou Bouòsc

Lou Martinet [Martiniet]

Carriera dal Maronier

Carriera Longa

Courreour d’a Passereta (dal Fourn /dal Truèlh)

Courreour dei Vòutas

Lou Faissé

La Crota

Plaça Sant Jóusè

Plaça Sant Roc

Piaceta Jouan-Pèire Belmoun dich Bachàs

La Gouòrga

La Condamina

Camin de Cabrier

Camin de Moravi / de Sospel

Lo Valonàs

Baloard Borilhon /Lo Pian de la Cròta

Camin de Biancard

Carriera dal Rai

Carriera Sant Jousè

Correor dal Lanho

Lo Castèl

Carriera de la Guièisa

Carriera Longa / La Birriera 

Camin de Gubert

Lo Bòsc

Lo Martinet

Carriera dal Marronier

Carriera Longa

Correor de la Passereta (dal Forn /dal Truelh

Correor dei Vòutas

Lo Faissé

La Cròta

Plaça Sant Jousè

Plaça Sant Ròc

LPiaceta Joan-Pèire Belmon dich Bachàs

La Gòrga

  • Soient 24 plaques bilingues

Présentation des toponymes n’étant pas désignés par la dénomination officielle, dans les deux graphies, mistralienne et occitane, avec une traduction française en regard.

Lou Beal soutran

Lou Beal soubran

La Biliera

Camin dóu Castelet

Lou Casar

La Celleta

La Coupiera

L’Escala dal Merlou

L’Escala Nuècha

Escala dal Sant

Lis Escanabieras

Li Faissouòlas

La Fouònt

La Gouòrga

Gràniga

Lou Guìgnou

Lou Lìmbou

Li Louisas

Massacan

Lou Moulin dal Mèrlou

Li Muselieras

Piaceta dal Castel

Lou Pistoulaire

Prats

Lou Ribas

La Roumbina [La R-inia]

Rousier

Sant Antoni

Lou Sòtou

Lou Serraour

Lou Serre

La Tina [La Tìnia]

Lou Truèlh

Lou Faissé

La Coundamina

Lou Pian d’a Crota

Camin dela Coupiera

Lo Beal sotran

Lo Beal sobran

La Biliera

Camin dau Castelet

Lo Casar

La Celleta

La Copiera

L’Escala dal Mèrlo

L’Escala Nuècha

Escala dal Sant

Lis Escanabieras

Li Faissòlas

La Fònt

La Gòrga

Gràniga

Lo Guinho

Lo Limbo

Li Loísas

Massacan

Lo Molin dal Mèrlo

Li Muselieras

Piaceta dal Castèl

Lo Pistolaire

Prats

Lou Ribàs

La Rombina / Robina

Rosier

Sant Antòni

Lo Sòto

Lo Serraor

Lo Serre

La Tina

Lou Truelh

Lou Faissé

La Condamina

Lo Pian d’a Cròta

Camin de la Copiera

Le ruisseau d’en haut

Le ruisseau d’en bas

Le Canal

Chemin du Castelet

L’emprise, les murs d’une maison

La petite cave à fromage

La tuilerie

L’escalier de Merlou

L’escalier sombre

L’escalier de Sant

Les cannebières

Les petites terrasses

La source (ou la fontaine)

La rigole

(la) Grange

Le coup d’œil

Les Limbes / le purgatoire

Les Louises

Cailloux

Le moulin de Merlou

Les abattoirs

Placette du Château

Le rouissoir

(les) prés

Le grand Talus

La ravine / Le vallon

Rosier

Saint Antoine

Le passage voûté

Le scieur / la scierie

La crête

Le Bassin

Le Bassin

Les Terrasses

La Condamine

Le Plan de la Voûte

Chemin de la Tuilierie

  • Env. 30 plaques monolingues

 

[1] Voir le bulletin municipal de l’été 2016.

[2] Michel Pallanca ; La Lauda de Sant Miquel, une prière ancienne dans le parler du Moulinet ; in Revue « Patrimoines du Haut-pays » n° 8. Voir aussi le bulletin municipal de l’été 2007.

[3] « Certaines consonnes intervocaliques, lorsqu’elles sont précédées par la voyelle [i] ou par [j] subissent un mécanisme de palatisation (…) quelques problèmes de signifié peuvent surgir du fait de ce mécanisme ». Jean-Claude Ranucci, «  Le parler du Moulinet, étude phonologique » ; mémoire de maîtrise ; Université de Nice ; 1986.

[4] - Extrait du registre des délibérations du Conseil Municipal de la commune de Moulinet ; séance du 18 mai1890.

  -  Courrier du Maire Albert Gaspérini au Préfet des A-M ; 20 juin 1890.

Copie de ces documents aimablement fournie par le Professeur Pascal Diana.

[5] Archives Départementales, « Pavage des rues », 1936 – 1942.

[6] Dès 1157, Codolis et le castrum de Lamenor apparaissent dans les actes. En 1335, c’est au tour du village du Moulinet d’être nommé. Il ne deviendra une paroisse indépendante de Sospel qu’en 1500. En 1558, à la suite d’un incendie, les derniers habitants de Amellone (La Menour) s’installèrent définitivement au village.

[7] Mèrlou est un « nom de guerre », un surnom, héréditaire par voie paternelle, et permettant de différencier les différentes branches d’une même famille originelle.  Ce mot désigne bien sûr le merle. On retrouve un autre toponyme associé à cette famille  dans le quartier du Castel : Lou Moulin dal Mèrlou.

[8] Pierre Vezzaro est l’un des enfants d’une famille d’origine vénitienne, installée à Sospel. Il est né en 1923, et mort le 20 septembre 1944, tué par l’explosion de mines allemandes. Il menait alors, avec Victor Piccamiglio, une mission de renseignement sur le village du Moulinet. Le sacrifice de ce jeune homme était quasiment oublié, alors qu’il avait donné sa vie pour la libération de notre village et de la France…

[9] La tradition orale rapporte que les enfants sont partis en chantant de l’école du Lìmbou pour aller s’installer dans les nouveaux locaux de la Place Saint Joseph. Chacun portait une bûche sous son bras…

Il est instructif de comparer les volumes respectifs de l’ancienne école du Lìmbou et du nouveau « groupe scolaire » !

[10]Jean-Pierre Belmon, dit Bachàs… Nul autant que lui n’aura œuvré à faire connaître notre Moulinet, à diffuser notre langue d’oc, sur les ondes de la radio, puis de la télévision dans l’émission Vaquí, sur FR3. Il était connu et reconnu dans tout le monde occitan, comme dans celui de la littérature et du journalisme. Moulinois de dimension nationale, La Placette porte désormais son nom.


Date de création : 05/05/2017 @ 21:14
Dernière modification : 05/05/2017 @ 21:14
Catégorie : Rubriques - Histoire et patrimoine


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